La Seine-Saint-Denis est le département le plus intégralement exposé de ce réseau : 94,3 % de son territoire est classé en aléa moyen ou fort par le Bureau de recherches géologiques et minières, dont 34,2 % en aléa fort. 33 de ses 39 communes ont été reconnues en état de catastrophe naturelle sécheresse, pour 168 arrêtés cumulés, et la totalité du département relève d'un plan de prévention des risques de tassements différentiels. Décrivez vos fissures : le diagnostic et le devis sont gratuits et sans engagement.
Réparation de fissures en Seine-Saint-Denis (93)
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Le plateau de Romainville, là où l'argile a été décrite
La formation la plus gonflante du Bassin parisien porte le nom d'une commune du département : l'argile verte de Romainville, un niveau de l'Oligocène décrit ici même. Elle est accompagnée des glaises à Cyrènes, des marnes blanches de Pantin et des marnes bleues d'Argenteuil. Le plateau qui porte ce nom s'étend sur Romainville, Bagnolet, Montreuil, Noisy-le-Sec, Rosny-sous-Bois et leurs voisines, et les chiffres d'aléa y sont sans appel.
Le plateau et ses rebords
Noisy-le-Sec est classée à 92,3 % de son territoire en aléa fort, Rosny-sous-Bois à 84,2 %, Gagny à 80,7 %, Romainville à 79,4 %, Bagnolet à 78,6 % et Montreuil à 69,5 %. Ce sont parmi les valeurs les plus élevées relevées sur des communes urbaines denses en France. Sur ces terrains, une maison ancienne fondée à moins d'un mètre repose directement dans l'argile la plus réactive de la région.
Les buttes de l'est
Vers Livry-Gargan, classée à 63,8 % en aléa fort, et Neuilly-sur-Marne (14,1 %), le relief s'adoucit et les niveaux argileux passent sous une couverture plus épaisse.
La plaine de France
Au nord, le paysage change complètement. Villepinte n'a que 0,1 % de son territoire en aléa fort mais 96,9 % en aléa moyen, Aulnay-sous-Bois 2,7 % pour 73 %, Épinay-sur-Seine 5,6 % pour 83,4 %. Les marnes et les limons de la plaine y remplacent l'argile verte : l'exposition reste quasi totale, mais d'un cran moins sévère.
La vallée de la Marne et les boucles
Le long de la Marne, Noisy-le-Grand est classée à 36,3 % en aléa fort et 62,6 % en aléa moyen, Bondy à 22,8 % et 77,2 %. Les versants exposent l'argile, les fonds de vallée les alluvions.
Cent soixante-huit arrêtés sur un territoire de 237 km²
Le classement départemental place 2020 en tête avec 27 reconnaissances communales, suivie de 1989 (26), 2003 (19), 2018 (16), 1991 (15) et 1993 (13). Le premier arrêté a été signé le 4 décembre 1990 et le plus récent le 22 juillet 2023.
Avec 39 communes au total, une année comme 2020 signifie que plus des deux tiers du département ont été reconnus en une seule saison. La répétition est ici le facteur déterminant : six épisodes significatifs en trente ans, sur une argile parmi les plus réactives de France, expliquent pourquoi tant de maisons du plateau portent des désordres cumulés.
Un point administratif à connaître : la Seine-Saint-Denis compte 39 communes depuis le 1er janvier 2025, date à laquelle Saint-Denis et Pierrefitte-sur-Seine ont fusionné en une commune nouvelle. Les arrêtés antérieurs restent valables pour les biens concernés, sous l'ancien périmètre communal.
La déclaration à l'assureur se fait dans les trente jours qui suivent la parution de l'arrêté au Journal officiel, avec une franchise légale de 1 520 €.
Un bâti pavillonnaire ancien sur la pire des argiles
La Seine-Saint-Denis conserve un tissu pavillonnaire très étendu, hérité des lotissements du début du vingtième siècle et de l'entre-deux-guerres. Ces maisons, en meulière, en brique ou en plâtre et moellons, ont été construites vite, souvent sans étude préalable, sur des fondations réduites à un élargissement de mur.
Leur implantation sur le plateau de Romainville, c'est-à-dire sur l'argile verte, en fait le parc le plus vulnérable du département. Les désordres y suivent un schéma reconnaissable : fissure verticale à l'angle de la façade, ouverture en escalier le long d'un mur mitoyen, décollement du perron ou de la terrasse, portes et fenêtres qui cessent de fermer en fin d'été.
Deux facteurs aggravants sont particulièrement présents. Le premier est l'ancienneté des réseaux : dans un tissu urbain centenaire, les canalisations d'eau et d'assainissement fuient, et une fuite lente sous une fondation produit un désordre localisé qui n'a rien à voir avec la sécheresse mais qui lui ressemble beaucoup. Le second est l'extension : garages, vérandas et pièces ajoutées sont très nombreux sur ce parc, et presque toujours fondés différemment de la maison d'origine. Le raccord est alors le point qui s'ouvre.
Enfin, l'histoire industrielle du département a laissé des remblais anciens sur de nombreux secteurs, notamment le long des canaux et des anciennes emprises ferroviaires. Ces terrains rapportés continuent de tasser longtemps après leur mise en place.
Le prix d'une réparation en Seine-Saint-Denis
Sur l'argile verte, la question de la profondeur du bon sol se pose différemment d'ailleurs : la formation est épaisse, et une reprise par micropieux doit souvent descendre nettement pour trouver un horizon porteur. C'est ce que la reconnaissance de sol doit établir avant toute proposition chiffrée, car l'écart de coût entre une reprise courte et une reprise profonde est considérable.
Le traitement d'une fissure de surface se situe entre 200 et 2 000 €. La reprise structurelle par agrafage, couture de maçonnerie ou renforcement du chaînage va de 3 000 à 15 000 €. La reprise en sous-œuvre, micropieux ou injection de résine expansive, se place entre 15 000 et 50 000 €.
Trois éléments pèsent localement sur le devis. L'accès, d'abord, sur un parcellaire étroit et souvent mitoyen. Le matériau, ensuite, la meulière demandant un traitement plus délicat que la brique. Et la présence fréquente d'une extension mal fondée, dont la reprise peut représenter à elle seule une part importante du chantier.
Un conseil de méthode s'impose dans ce département : avant d'engager une reprise de fondation, faire vérifier l'étanchéité des réseaux enterrés. Une canalisation qui fuit sous une semelle annule l'effet de n'importe quelle consolidation, et sa réparation coûte une fraction du prix des travaux structurels.
Ce que change un plan de prévention des risques
La totalité des communes du département est couverte par une procédure de plan de prévention des risques de tassements différentiels. Cette couverture générale est rare en France, et elle a des effets concrets qu'il vaut mieux connaître.
Le premier concerne la construction neuve et les extensions. Le règlement impose des dispositions constructives : ancrage minimal des fondations, continuité et rigidité du chaînage, désolidarisation des dallages, éloignement des plantations, maîtrise des rejets d'eaux pluviales, parfois écran anti-racines. Ces prescriptions s'appliquent au projet, pas au bâti existant.
Le deuxième concerne la vente. Le vendeur d'un bien situé dans le périmètre doit informer l'acquéreur de l'existence du plan et des sinistres indemnisés au titre de la catastrophe naturelle dont le bien a fait l'objet. Cette information figure dans l'état des risques remis avec le dossier de diagnostic technique.
Le troisième concerne les travaux de réparation. Reprendre une maison sinistrée est l'occasion d'appliquer, au moins en partie, les dispositions prévues pour le neuf : désolidariser un dallage, reprendre un chaînage, corriger le drainage périphérique. Ce sont des mesures peu coûteuses rapportées à une reprise en sous-œuvre, et elles évitent que le désordre ne réapparaisse ailleurs sur le bâtiment.
Pour un propriétaire, le réflexe utile est de consulter le règlement applicable à sa commune avant d'arrêter le programme de travaux, plutôt qu'après.
🗺️ Réparation de fissures : les villes desservies en Seine-Saint-Denis
❓ Vos questions sur les fissures de maison
Pourquoi la Seine-Saint-Denis est-elle si exposée aux fissures ?
94,3 % de son territoire est classé en aléa moyen ou fort, dont 34,2 % en fort. Le plateau de Romainville est formé d'argile verte de Romainville, un niveau de l'Oligocène qui compte parmi les plus gonflants du Bassin parisien.
Quelles communes du 93 sont les plus touchées ?
Noisy-le-Sec, classée à 92,3 % de son territoire en aléa fort, Rosny-sous-Bois (84,2 %), Gagny (80,7 %), Romainville (79,4 %), Bagnolet (78,6 %) et Montreuil (69,5 %).
Et les communes du nord du département ?
Elles sont exposées différemment. Villepinte n'a que 0,1 % de son territoire en aléa fort mais 96,9 % en aléa moyen, Aulnay-sous-Bois 2,7 % pour 73 %. Les marnes et limons de la plaine de France y remplacent l'argile verte.
Combien de communes sont reconnues en catastrophe naturelle sécheresse ?
33 sur 39, pour 168 arrêtés cumulés depuis le 4 décembre 1990. Le département compte 39 communes depuis la fusion de Saint-Denis et de Pierrefitte-sur-Seine, le 1er janvier 2025.
Quelle année a le plus touché le département ?
2020, avec 27 reconnaissances communales, soit plus des deux tiers des communes en une seule saison. Viennent ensuite 1989 (26), 2003 (19) et 2018 (16).
Une fuite de canalisation peut-elle être en cause ?
Fréquemment, dans un tissu urbain centenaire. Une fuite lente sous une fondation délave le sol et produit un désordre localisé qui ressemble beaucoup à celui de la sécheresse. Il faut faire vérifier les réseaux avant d'engager une reprise de fondation.
Mon extension se décolle de la maison : est-ce normal ?
C'est un cas très courant dans le département. Garages, vérandas et pièces ajoutées sont presque toujours fondés différemment de la maison d'origine, et le raccord entre les deux concentre le mouvement du sol.
Combien coûte une reprise en sous-œuvre en Seine-Saint-Denis ?
Entre 15 000 et 50 000 €. Sur l'argile verte, qui est épaisse, les micropieux doivent souvent descendre nettement pour trouver un horizon porteur, d'où un écart de coût important selon les configurations.
Quel délai pour déclarer un sinistre sécheresse dans le 93 ?
Trente jours à compter de la publication de l'arrêté au Journal officiel, et non de sa signature. La franchise légale sur un sinistre sécheresse est de 1 520 €.